Bienvenue

Bienvenue

Communiquer avec vous, à partir des thèmes qui m'intéressent, et pour lesquels je souhaite vos réactions : l'actualité, les livres, les films, les musiques, et bien sûr les différents sujets auxquels la vie nous confronte.

jeudi 22 février 2018

"Consens à la brisure"

"Consens à la brisure" écrit François Cheng.

 Choisis entre la ferveur et la fuite pour continuer de vivre.
 Choisis entre la passion et le vide de l'absence pour survivre.
 Accepte le détachement, le basculement, la dérive, le néant. 
 Rends grâce à ces états intenses de ta vie intérieure d'aujourd'hui.
 Rends-toi présent au monde et honore l'instant présent.
 Oublie cet Autre, ce mirage,
cet imposteur de l'ivresse existentielle qui jouait à "Je me souviens"... 
 Abandonne ses silences... ta douleur.

vendredi 9 février 2018

Les amants



ÊTRE AMANTS AVEC TOI

Être amants avec toi, c’est donner aux instants la durée de l’éternité.
C’est approuver ce que tu es.
C’est aimer ce que je fais.
C’est croire à ce que tu dis.
C’est donner sans calcul, et son corps et son rire, son odeur et sa peau.
C’est murmurer des soupirs, ouvrir les yeux dans la jouissance.
C’est se moquer du monde qui grincera des dents.
C’est oublier ceux qu’on a aimés avant… dans une autre vie, ceux qui nous ont fait souffrir, fait faux-bond, qu’on a meurtris par maladresse, ceux auprès de qui on a appris un mot : la nostalgie, ce mot dont on a encore l’empreinte sur soi.
Être amants avec toi, c’est apprivoiser ce qui était inconnu… ou tellement enfoui.
C’est donner un coup de tête aux regrets, aux rancunes, parce que là, tout de suite, dans l’urgence de s’aimer, ils seraient indécents.
C’est s’appartenir et pourtant rester libres.
C’est se toucher du bout des doigts, alors que le cœur s’est fait la malle dans les étoiles.
C’est faire de l’autre son unique port d’attache.
C’est mettre à temps les voiles si ce n’est qu’une mauvaise escale.
C’est ne plus croiser le désenchantement, pour un jour, une nuit, voire plus si affinités.
C’est se vivre exotique, indien, ou esquimau, danser avec les loups, s’étouffer sous la couette.
C’est tout se dire et taire les plus profondes blessures, celles qui ne se referment pas.
C’est rire de tout, être graves, se prendre peu au sérieux, pas le centre de la terre, parce que la terre… elle s’en fout des amants. Elle en a vu d’autres des amants éblouis…

mercredi 17 janvier 2018

Laurent Stecker et le stress post-traumatique

Comment expliquer le premier geste désespéré de Stecker ?
 Quand Valérie, sa sœur jumelle, lui avoue l'ampleur du cauchemar vécu avec son mari, une seule réaction anime Stecker : la haine. Sa décision est prise : la sortir des griffes du mari pervers, la mettre à l'abri et obtenir réparation en justice. Mais il n'en aura pas le temps. Durant une escale professionnelle à New York, il est victime d'un AVC, hospitalisé pendant deux semaines. A son retour en France, tout est terminé : Valérie est morte et  incinérée. Stecker est alors en proie au stress post-traumatique, agitation permanente plus que fébrile, pensées obsédantes et délirantes, confusions, certitudes bientôt paranoïdes que la mort de Valérie ne relève pas d'un accident mais d'un meurtre. La suite est inévitable...   

vendredi 5 janvier 2018

Laurent Stecker



Chère E.
Pourquoi le patronyme Stecker ? : je ne sais pas répondre. Je l'ai inventé et construit dans ma tête comme le bruit d'une voile qui claque dans la bourrasque, une voile prête à se déchirer et à entraîner le mât.
J'ai mis 4 années à écrire le roman, dont deux en tout petits pointillés durant la maladie de mon compagnon. Et durant tout ce temps, j'ai engrangé des informations, telles celles qui concernent le baseball, les lesbiennes de New York, les limonaires de collection et plein d'autres qui émaillent le roman.
Je me suis réjouie de présenter un superviseur antipathique, jugeant en permanence, narcissique et pervers, car il n'est pas éloigné du tout de ceux que j'ai fréquentés. Ma difficulté était de rendre plausible l'ambivalence de Geneviève à son égard : rancœur et intérêt professionnel malgré tout. Elle lui dit : "Tu n'es pas le plus mauvais à Paris".  Une donnée échappera peut-être au lecteur : ce que l'Analyse Transactionnelle appelle " le processus parallèle", la répétition de la colère entre Geneviève. et le superviseur, et ce qui va suivre entre le client Stecker et Geneviève. 
Je me suis inspirée de ma pratique pour le personnage de Geneviève. Je ne peux pas le nier. On écrit souvent avec ce que l’on est, avec sa matière intérieure, ses expériences. Cette femme me ressemble, c'est vrai. On m'a reproché d'être trop didactique dans les réponses de Geneviève. J'en ai tenu compte et j'ai éliminé quelques passages pédagogiques. Mais, je suis une ancienne institutrice, avec les qualités et les travers des enseignants ! Oui, cette femme est très seule, ce que je n'étais pas quand j'exerçais mon métier, mais c'est sans doute ma solitude d'aujourd'hui qui a déteint sur le personnage.
J'ai eu peu de patients genre Stecker en thérapie, ils lui ressemblaient, sauf en ce qui concerne le désir permanent dans le transfert de Stecker d'abolir les frontières professionnelles. Je suis entièrement d'accord avec toi : "Il lui restait trop à faire pour qu'il s'en sorte bien." C'est ainsi que je voulais son destin et sa fin tragique. Aussi, j'ai été contrariée par la réaction d'une amie qui a regretté la tournure finale du roman, me disant : "Moi, je voyais un homme qui s'en sort, qui va publier ses souvenirs de thérapie, qui va sortir de sa cellule, qui va être sauvé par la rédemption de sa mère..." J'ai été tellement déçue par cette réaction « Happy end », que j'ai juste répondu qu'il s'agissait de mon livre et que j'en étais l'auteur.
New York est la patrie d’adoption de Stecker, sa vraie ville pour laquelle il n’a que tendresse. Il y passe plusieurs jours d'escale par mois et la connaît par cœur. J'ai bien aimé écrire le passage d’immense solitude où il se trouve quand il fait l'amour avec une femme dont il ne se souviendra même pas du visage. Comme un point culminant de sa détresse amoureuse après avoir compris qu'il ne peut plus rien attendre de Nanouche, ni rien espérer de Micky. Cette jeune femme et Ralph sont de vrais amis pour lui et le resteront jusqu'à la fin. Malheureusement, il y a les obstacles de l'éloignement géographique et des activités prenantes dans la vie de chacun.
IL n'est pas si ignare que cela : il a fait des études importantes, il lit (Stoner, un roman que j'adore !), il raffole du jazz,  il tente d'être à la hauteur de sa compagne Nanouche qui le domine intellectuellement.
Nanouche est obsédée par son désir d'enfant, attisé par l'instrumentalisation de sa famille. Sans cet entourage, aurait-elle accepté la volonté de  Stecker de refuser la paternité ? Une chose est sûre : la paternité déroute et panique Stecker. Il n'a de modèle que son père défaillant, lâche et cupide. Il ne veut pas lui ressembler et ignore qu'il pourrait tourner le dos à cet unique modèle. C'est là, où on pourrait faire un reproche à la thérapeute Geneviève. : ne pas avoir montré à Stecker qu'on peut faire autrement dans la vie et que les figures parentales de notre enfance ne sont pas une fatalité répétitive. Sans doute, a-t-elle été débordée par les débordements permanents de Stecker.
Pour finir, je voudrais te parler de mon trouble. Je viens de finir "Le jour d'avant" de Sorg Chalendon, un auteur que j'adore. Il parle de borderline, ce qui n'est pas courant dans une fiction, et j'ai reconnu mon roman à de nombreuses occasions. Veux-tu bien le lire et me dire ce que tu en penses ? On dirait qu’il y a dans l’air du temps les mêmes préoccupations chez ceux qui écrivent. Toute mon affection. Ton amie Danièle.

Une amie a lu " Laurent Stecker "

Chère Danièle,

Comme promis je viens faire un écho à ton dernier livre. Avec la conscience que ma lecture est bien loin de rendre justice à tout ce que l’écriture t’a demandé comme créativité, souvenirs, retours sur ton expérience, cohérence pour faire naître un tel roman.
Je t’ai déjà dit combien tes premières pages m’ont accrochée. Et maintenant que j’ai tout lu, je peux te dire que je l’ai beaucoup aimé et l’ai lu d’un trait.

J’ai beaucoup aimé que tu fasses découvrir Geneviève à travers ce que son patient Laurent en entend, en perçoit. Même s’il écoute mal ce qu’elle lui dit chaque fois que ses paroles le contrarient, il cite texto ses réponses, c’est précieux. Quelle gymnastique subtile tu as dû faire entre les différents narrateurs !

J’ai été passionnée par tout ce suivi d’une relation d’aide avec quelqu’un qui n’arrête pas de transgresser les règles, je me demandais toujours comment Geneviève allait réagir aux provocations effrontées de Laurent, à ses projections continuelles, à ses demandes répétées d’une relation non professionnelle ou à son comportement buté ou agressif. J’admirais les réponses. Même si je ne t’ai jamais vu dans des situations aussi difficiles, je n’ai jamais cessé d’entendre ta voix, de voir ton sourire ou ton regard neutre. Jusqu’au bout – jusqu’à la scène du tribunal - c’est toi que je mettais à la place de Geneviève !  Excuse-moi ! J’ai pris un tel plaisir de te retrouver dans des traits de ton personnage.
As-tu eu des L.Stecker en thérapie ???

Importants aussi les deux chapitres en italiques pour entendre Geneviève déposer ses soucis avec Laurent chez un superviseur pour y voir plus clair. Cette ancienne connaissance se révèle jugeante au lieu d’aidante, révèle à la 2ème séance le panier de crabes qu’est (aussi) le monde des psy avec ses cyniques et ses corrompus.

J’étais très touchée par la solitude - immense - de Geneviève.
Comme tu vois, je me sentais beaucoup plus proche de Geneviève que de Laurent-soupe-au-lait.

De fait, elle a aidé Laurent à faire beaucoup de chemin avec une conscience professionnelle impressionnante. Mais il lui en restait trop à faire pour qu'il s'en sorte bien. A la moindre contrariété il rechute et la rupture avec Nanouche le plonge dans un délire émotionnel égocentrique où son propre point de vue est érigé en seule vérité. Dans un tel état d’esprit, tout dialogue devient un dialogue de sourds. Jusqu’au clash final avec Geneviève où il est d’une agressivité sans pareille envers elle, piétinant son identité professionnelle avec haine. Moment terrible et poignant.

En ce sens l’épisode new-yorkais m’a surprise. Comment peut-il vivre un tel intermezzo sinon en refoulant ses vrais soucis ? Jamais aucun bémol avec Ralph ? ni avec Micky ? ni avec New-York ?
Le mémo de New-York est plein d’attentions sensibles à mille choses, de descriptions dignes d’une parfait guide touristique alors que par ailleurs Laurent fait preuve d’une inculture crasse. Comment est-ce possible ?
Même sa conscience professionnelle louée par ses collègues m’interroge, comment peut-il être aux petits soins des passagers et en même temps adopter un chat sans qu’il lui vienne à l’esprit que sa compagne n’en veut peut être pas, et sans le lui demander auparavant.

La fin est tragique, mais pouvait-elle être différente ? Il est tellement plein de haine, et d’a priori qui l’autorisent à se sentir investi d’une mission de justicier pour sa jumelle. Et tout se passe comme si, cette œuvre « essentielle » accomplie, tout le reste pouvait lui être égal. Comme s'il se disait inconsciemment : je vengerai ma jumelle mais ne veux pas lui survivre.

Mais pourquoi ce nom de Stecker ? D’autant que c’est le titre du roman.
Stecker veut dire en allemand « fiche », « fiche électrique » et ça ne me renvoie à rien du tout dans le livre. Je crois que j’aurais aimé qu’il ait un patronyme qui aurait fait de lui ou l’emblème de n’importe quel quidam, ou qui aurait correspondu à son incapacité de contrôler ses émotions, ou autre chose de parlant.  Mais je me trompe sans doute, j’ai dû rater quelque chose...
Je suis parfois étonnée comme dans la réalité des personnes ont des noms qui correspondent à ce qu’ils sont, ainsi j’ai découvert récemment que Peter Wohlleben a écrit un essai : « la vie secrète des arbres, ce qu’ils ressentent et comment ils communiquent » or wohl leben est une expression allemande qui veut dire vie de bien-être ou vie heureuse.  Intéressant, non ?

Chère Danièle, ton livre est formidablement vivant, extraordinairement humain.
La confrontation entre quelqu’un comme Laurent et quelqu’un comme Geneviève va pour moi plus loin qu’une histoire de thérapie, ce sont deux structures de personnalités, deux modes de pensée et d’être au monde qui s’éclairent mutuellement par  mille détails.
Vraiment j’ai été très touchée.

Je t’embrasse et te souhaite de belles fêtes de fin d’année
E.



lundi 18 décembre 2017

Laurent Stecker et l'amour

Stecker rencontre l'amour de sa vie, Nanouche, par hasard dans une cafétéria, sur une aire d'autoroute. Coup de foudre immédiat. Grand et seul amour pour lui. Tandis que se déroule le roman, le lecteur n'est pas persuadé que la réciproque soit vraie. Quels sentiments Nanouche nourrit-elle pour Laurent ? Que veut-elle au juste ?
Ils vont vivre ensemble de belles heures de bonheur et de complicité, des moments difficiles d'incompréhension, des séquences douloureuses, deux ruptures.  L'amour à deux est-il un leurre dans lequel la réciprocité n'est qu'apparence ?

vendredi 15 décembre 2017

Laurent Stecker et l'amitié

Comme j'ai eu déjà l'occasion de vous le dire, l'amitié compte beaucoup pour Laurent Stecker.
Sylvie, la bonne copine de travail, qui fait le même métier dans l'avion. C'est elle qui le conseille de consulter une thérapeute. Elle aussi qui le secoue quand il est sur le point de sombrer dans la dépression.
Ralph, un américain plus âgé que Stecker. Environ d'une dizaine d'années. Juif new-yorkais, showrunner, bien dans sa peau et dans sa vie. Ils se sont rencontrés par hasard au Drugstore des Champs-Élysées où Stecker a aidé spontanément cet inconnu à se sortir d'une mauvaise passe. S'en suit une vraie amitié durable. Ralph Kremis est vécu par Stecker comme un frère aîné, un modèle de réussite. 
Micky, une franco-canadienne qui vit à New York. Rencontre fortuite avec Stecker dans un grand magasin new-yorkais. C'est une jeune et belle trentenaire, sportive de haut niveau, entraîneuse d'une équipe de baseball. Micky est lesbienne, mais ça, Stecker qui avait des vues sur elle au moment de leur rencontre, ne le sait pas. Il a fantasmé. Il déchante. S'installe alors entre eux une véritable amitié qui ne se démentira pas.